Bonjour

Cette page n'est plus actualisée depuis la fin de l'année 2007 car le site "Cévenne vivante" a déménagé. Sa version actuelle, modernisée et complétée, se trouve maintenant à l'adresse suivante :

www.reveeveille.net/cevennevivante

A tout de suite :

Marc

 

 

 

Rêve éveillé

Cévenne vivante

Accueil Généralités Les gens La vie Bons coins Préhistoire, Histoire histoires Balades Photos Zones La can Plan du site Recherche Liens
Précédente Suivante

Le démontage du bois

•  •

Précédente Suivante

Surprise sous les panneaux de particule...

La journée du lendemain est donc consacrée au démontage des panneaux de particules couvrant la partie gauche du toit. Ces sacré panneaux nous ont bien énervés : fragiles, et pourtant trop bien fixés à leur support par des clous monstrueusement disproportionnés. Difficile de rester délicat lorsque le pied de biche arrache le bois tout autour du clou et que celui-ci reste rigoureusement immobile. C'est à grand renforts de hurlements que l'équipe a terminé le travail, atomisant les panneaux  à grands coups de masse.

C'était la partie facile de l'opération. Sous les panneaux nous attendaient de drôles de surprises. 

Un étroit espace vide, probablement destiné à faciliter l'aération,  a été ménagé entre les panneaux et la couche inférieure (de grosses poutres jointives servant de plafond aux pièces situées au dessous). Ce vide constitue un vrai petit labyrinthe desservant l'ensemble de la maison par les combles. Inutile de dire que cet endroit magique, chauffé et à l'abri des pluies et de vents, a constitué depuis des décennies un repaire rêvé pour toutes sortes d'animaux.

Des crottiers nombreux et fournis sont répartis un peu partout, preuve de la grande fréquentation du lieu. Il y a des déjections de toutes formes, de toutes tailles et de toutes odeurs. Pour le goût je ne sais pas mais je soupçonne la même diversité. Nous évacuons le tout et poursuivons notre exploration - nettoyage plus avant.

Une quantité incroyable de gravats est accumulée là, vestige des techniques de couverture d'autrefois : sur les toits à faibles pentes, les lauzes étaient en effet tout simplement posées, sans être fixées, sur un lit de tout venant destiné à les caler correctement pour ne pas qu'elles bougent.

De toute évidence, le toit a été refait à plusieurs reprises et chaque génération de couvreur y a été de sa propre couche supplémentaire. Ce qui est étonnant, c'est qu'au milieu de gravats sans valeur, on trouve des stères et des stères de vieux bois, rebuts d'anciennes poutre voire même sections de troncs d'arbres de belle taille. De quoi chauffer la maison pendant plusieurs semaines... Le bois avait donc si peu de valeur à l'époque qu'il serve ainsi de matériau de comblement ?

Notre intention étant d'insérer une isolation correcte entre les bardeaux et les plafonds de la maison, il n'y a pas le choix : nous devons déblayer, déblayer et déblayer encore. Des dizaines de brouettes partent ainsi vers le bas, dans une poussière indescriptible. Le monte-charge nous est d'un grand secours, nous avons de la peine à imaginer le labeur qui a été nécessaire pour monter tout ça ici, seau par seau probablement.

Pour terminer, c'est la surprise :

Une patte de chèvre momifiée est coincée là, entre deux poutres, manifestement déposée par une main humaine qui savait ce qu'elle faisait. Emouvante rencontre qui fait monter en nous des images fortes de cérémonies païennes : le maître de maison est seul sur son toit entouré de nuages gris. Sa silhouette se détache à contre-jour sur les dernières lueurs du crépuscule. Il brandit la patte en marmonnant un mélange d'imprécations sataniques et religieuses, appelle le bon oeil sur sa maison et prie pour que la foudre et les fuites n'atteignent jamais son toit.

A quelques mètres de la patte de chèvre, au milieu des gravats, nous trouverons quelques minutes plus tard... un pied de biche, cet outil servant à arracher les clous. Simple oubli d'un ouvrier peu attentif, ou clin d'oeil et communion avec les générations précédentes ?

Le pied de biche est allé rejoindre les outils de mon atelier. La patte de chèvre, quant à elle, a été entreposée quelques semaines sur le rebord de la cheminée, puis lorsqu'est venu le temps de refermer le toit, nous l'y avons à nouveau enfermée, en espérant que ses pouvoirs pourraient continuer à nous protéger. 

Précédente Suivante

Précédente Suivante


Si ce site vous a été utile...
Dernière mise à jour : 02/11/07
Me contacter. Aller voir ma page perso. A propos de "Rêve éveillé"