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Ce fût, cette fois encore, une drôle d'aventure. Ecrire ces lignes me fait réaliser combien les histoires qui marquent le plus sont généralement celles qui n'ont pas tourné comme on l'aurait souhaité. Bien sûr, certaines grandes bambées effectuées d'une traite sous un ciel bleu profond restent chères à mes souvenirs, mais probablement la palme de mes souvenir va t'elle à toutes ces mésaventures, celles-là même qui m'ont fait pester, jurer que jamais on ne m'y reprendrait, et parfois craindre que jamais on ne me revoie tout court. Cette fois ci nous étions 5. Si mes souvenirs ne me trompent pas il y avait Sophie, Pascal, Mireille, Yves et moi. Le projet était de changer un peu nos habitudes de Pyrénées, et de partir plus loin, plus haut, dans un nouveau massif. J'avais entendu parler du Valais suisse depuis longtemps, en des termes qui me laissaient penser que ce massif se prêtait bien au ski de randonnée : de vastes glaciers pas trop escarpés, des sommets large et accessibles (à part le Cervin !)... Les nombreux 4000 me faisaient bien rêver également, et je ne doutais pas de fouler très bientôt le sommet du Mont Rose (4600m) sans difficultés particulières. La période choisie, quant à elle, fût à l'origine de la galère permanente que nous connûmes : les vacances de Noël. J'avais souvent skié à cette époque de l'année dans des massifs non glaciaires, et tout s'était bien passé. L'alpiniste le plus débutant sait pourtant qu'à cette saison les crevasses sont encore grandes ouvertes, pas encore colmatées par des chutes de neige suffisantes. Je me pensais expérimenté mais j'omis tout simplement ce détail, et j'allais avoir l'occasion de le regretter amèrement.
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