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Depuis plusieurs années la route qui me conduisant vers le Mont-Blanc longeait les sommets de l'Oisan. La montagne sauvage toute proche inondée de soleil et la perspective de me retrouver bientôt dans le mauvais temps récurrent du Mont-Blanc allumaient un doute dans mon esprit : pourquoi ne pas s'arrêter là, profiter simplement de ces beaux sommets chaleureux, moins hauts certes, mais donc justement plus détendants... Chaque fois le démon de l'altitude maximum avait gagné. Mais je ressentais qu'il était également temps pour moi de profiter à nouveau des choses plus simples. Alors j'ai ressorti les vieilles cartes de l'Oisan, et essayé d'imaginer une ballade qui, comme à mon habitude, permettrait d'avancer tranquillement, tente sur le dos, en restant "la-haut". Dans mon esprit pourtant, cette balade ne restait qu'une alternative au projet "3 nuits au Mont-Blanc" en cas de météo défavorable. Un pis-aller. Je parcourais donc tout d'abord les cartes avec une distance vaguement ennuyée, l'esprit ailleurs. Suivant du doigt les lignes bleues des itinéraires de ski de rando je rêvais à d'autres sommets. Et puis, à force d'essayer de visualiser les cols, de réfléchir aux sites qui pourraient accueillir une tente, d'évaluer la difficulté technique de tel passage glaciaire un peu plus raide, l'envie est venue. De ne pas céder. D'y aller pour de vrai ! Alors, avec mes petits camarades on a pris le chemin de l'Oisan.
Pendant ce temps, pour une fois il a fait grand beau sur le Mont-Blanc. Et alors ?
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