Rêve éveillé

La montagne tranquille

Encore des grottes

 

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Il serait long et fastidieux de raconter par le détail l'exploration de chaque grotte. Elles sont à la fois toutes différentes et toutes semblables, car composées des mêmes éléments. Partons plutôt à la découverte d'une grotte imaginaire, dans les entrailles de laquelle seraient regroupés les aspects les plus extraordinaires de chacune.

Dans un recoin de la grotte Casteret, sur la partie gauche, le sol glacé se dérobe et coule vers les profondeurs en une chute silencieuse. Une broche à glace, une corde, et l'on rejoint au bout d'une dizaine de mètres un nouveau plancher de glace  entouré de parois rocheuses... C'est la paroi de gauche de cette petite salle qui est stupéfiante : elle est entièrement constituée d'une glace sèche et dure. Etant donné sa position, il est facile de comprendre que ce mur est une coupe verticale du plancher glacé de la grotte principale. On a donc sous les yeux l'accumulation de glace qui s'est faite année après année.


La paroi de glace de la grotte Casteret. On voit, en haut à droite, une couche de rochers pris dans la glace, issus d'un ancien éboulement

Lorsque l'on s'approche, on constate que la glace est empilée en couches horizontales, chacune ayant ses caractéristiques propres. Comme la neige dans un glacier, certaines couches sont épaisses, d'autres sont fines. En de nombreux endroits, des couches de poussière, de graviers, voire de roches s'intercalent, témoins d'événements divers survenus dans la grotte : réchauffements, éboulements du plafond... 

Vers le fond de la salle, la glace devient d'une transparence stupéfiante : le regard la traverse sur plusieurs mètres et l'on aperçoit au loin les détails de la paroi rocheuse. Des cailloux pris dans cette masse semblent miraculeusement immobiles dans l'air, donnant au lieu l'apparence d'un château de la belle au bois dormant dans lequel tout serait endormi. Un jour, peut-être, la glace fondra, et le caillou terminera sa chute jusqu'au sol.


La même paroi de glace, sous un autre éclairage. Pour prendre cette photo, j'ai tourné ma lampe électrique vers l'intérieur de la glace, qui est ainsi illuminée de l'intérieur.
Une dernière question se pose : combien d'années, combien de siècles, avons-nous sous les yeux ? De quand date la couche la plus basse ? Sans moyens d'analyse on ne peut que faire des hypothèses, mais je parierai qu'il s'agit de plusieurs millénaires... Rien ne fond jamais, ici...

 

L'autre extrémité de cette salle décidément riche en surprise présente un aspect totalement différent. Là, la glace issue du plancher supérieur s'écoule de manière anarchique en une sorte de réseau de stalactites imbriquées les unes dans les autres, traçant des cheminements complexes.

Pour faire les fiers, mais non sans une certaine angoisse, nous ne résistons pas au plaisir de nous engager dans ces tubes aux formes alambiquées. C'est une véritable grotte glacée dans la grotte glacée. Tout à l'air bizarre, hostile, dangereux. Progresser  dans ces boyaux glissants fait remonter de vieilles craintes d'étouffement, d'enfermement définitif dans le noir absolu et glacé. Maman !
Quelque part ailleurs, un flot de glace s'écoule immobile d'une ouverture dans le rocher, donnant naissance à une énorme boule de glace absolument transparente, contre laquelle il faut passer en rampant pour gagner une autre partie de la cavité. C'est une véritable embrassade avec la glace, que l'un frappe parfois vigoureusement d'un coup de piolet ou de crampon pour ne pas définitivement glisser au bas de la chose.

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Dernière mise à jour : 04/11/08
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