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La préparation du siteCreuser un "pré-trou" dans la neige, représentant la surface au sol de l'intérieur de l'igloo. Quelque chose comme 2m50 pour 3 personnes, 3m pour 4 à 5 personnes.
Ce trou permettra de gagner 10, 20... 50 cm ou plus sur la hauteur des murs à construire, ce qui n'est pas négligeable ! Bien tasser cette plate forme.
Préparer une "carrière à blocs" (lieu d'où l'on extraira des blocs de neige pour les mettre en place. Pour cela, tailler une surface verticale dans la couche de neige, puis à partir de celle ci découper des blocs. Le creusement de la plateforme initiale vous permettra déjà d'extraire quelques blocs. La pelle permet de "sortir" un bloc en 4 coups : côté droit, côté gauche, derrière, puis dessous, ce qui décolle le bloc. Avec un piolet la démarche est plus longue : chaque trait de coupe est progressivement creusé à l'aide de la tête du piolet jusqu'à atteindre la profondeur désirée. C'est long, et on en casse souvent... Plus les blocs sont grands, plus l'igloo montera vite. Grâce à leur neige polystyrène et le matériel qu'ils utilisent (une bonne scie à neige), les inuits travaillent avec des tailles de l'ordre de 80 cm de large, 50 cm de haut, 30 cm d'épaisseur. Chez nous, si on arrive à sortir des blocs de 50 cm de large, 30 cm de haut, et 30 cm d'épaisseur c'est déjà bien. Le montage des mursDisposer au sol une première première rangée complète (la porte sera ouverte ensuite).
A partir de là, deux choix s'offrent à vous :
Tailler en biais cette première rangée, de manière à ce que le premier bloc soit rogné jusqu'au niveau du sol, et que progressivement la rangée s'élève jusqu'à la hauteur d'un bloc complet au bout d'un tour.
Ce premier rang constitue une rampe sur laquelle on peut monter successivement les autres blocs en hélice, en permettant à chacun de s'appuyer sur le précédent. Une fois chaque bloc posé, il est utile de tailler au piolet ou à la pelle à neige la jonction entre le dernier bloc posé et le bloc précédent, de telle sorte qu'ils jointent correctement. Monter verticalement sur 50 cm, et à partir de cette hauteur réduire rapidement le diamètre en faisant pencher les blocs vers l'intérieur. Si la neige n'est pas très collante, il sera nécessaire de tenir le dernier bloc posé le temps de mettre le suivant en place. Pour cela une personne se dispose à l'intérieur de la construction et soutient les blocs au fur et à mesure de leur pose.
A la fin il reste un trou au plafond, tailler un bloc de forme appropriée et le laisser s'encastrer dans l'ouverture. Adapter sa forme en taillant en place avec le piolet ou la pelle à neige. Calfeutrez les trous existant entre les blocs avec de la neige, à l'intérieur et à l'extérieur. Les ouverturesUne fois la structure de blocs entièrement montée, ouvrir une porte, pas trop grande (60 cm de haut).
Il est fortement conseillé de créer une entrée "surbaissée", c'est à dire sous la forme d'une rampe qui descend sous le niveau du sol de l'igloo et remonte à l'intérieur. En effet, puisque la chaleur monte, l'igloo construit sur ce modèle est un véritable piège à chaleur. Ca prend un peu de place sur l'espace disponible à l'intérieur, mais c'est un vrai confort.
Construire au dessus de la rampe d'accès un petit tunnel pour la protéger du vent. Enfin, n'oubliez pas de laisser au moins une aération : un trou de 5 à 10 cm de diamètre, vers le haut du dôme, dos au vent dominant. S'il neige fortement et que vous avez fermé l'entrée de l'igloo, il faudra penser à le déboucher régulièrement sinon vous allez rapidement tous mourir d'étouffement ! Une nuit, au cours de je ne sais plus quelle ballade, nous dormions dans un igloo. Dehors, la neige tombant sans cesse avait bouché à notre insu toutes les ouvertures. La chaleur, le confort et le silence du lieu, malgré l'enfer qui se déchaînait dehors, nous avaient permis de dormir d'un sommeil de plomb. Au milieu de la nuit je m'étais soudain réveillé angoissé, oppressé, sans comprendre pourquoi. Ma respiration était difficile. Inquiet de ce qui m'arrivait, j'avais essayé d'allumer une bougie, mais le briquet semblait ne plus fonctionner. Enfin une minuscule flamme était apparue et s'était transmise à la bougie, mais ne prenait pas d'ampleur, vivotait lamentablement. Un de mes coéquipiers s'était réveillé à son tour, et jaugeant la scène d'un coup d'oeil s'était écrié : "Bon sang, Marc, il n'y a plus un pet d'air dans cette kasba !". Comme un fou, pris d'une crise de claustrophobie subite, j'avais explosé le bouchon de neige qui obstruait l'entrée. Un flot d'air glacé et plein de vie s'était rué à l'intérieur et avait inondé nos poumons en manque. La flamme de la bougie prit alors toute son ampleur. Bonne nuit ! |
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