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Nous voici donc dans la situation ou un membre de la cordée a un problème. Il
est blessé, malade, choqué, inconscient... C'est aux compagnons de cordée
d'agir. Il est bien difficile de donner des indications d'actions précises tant
les situations peuvent être différentes les unes des autres. Restons donc dans
les généralités.
Mettre la personne en sécurité
C'est la première chose a faire en cas de problème.
-
Lui confectionner une plateforme si on est en face neigeuse,
la monter ou plus facilement la descendre sur un replat si on est en face ou
arête rocheuse...
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S'arranger pour qu'elle n'ait pas froid. La couvrir avec des
habits, une couverture de survie, encore mieux un duvet si on en a un. Si on
a une tente et que les environs s'y prêtent, la monter et installer le
blessé dedans.
La seule exception que je vois à cette règle concerne une
personne atteinte du mal aigu des montagnes. Si vous êtes sur un site qui le
permet, l'urgence absolue est de perdre de l'altitude. Voyez "L'altitude
et ses effets".
Apporter les premiers soins
A moins d'avoir des compétences médicales approfondies (ce qui n'est pas mon
cas) et d'être très bien équipé, il n'est pas souvent possible de faire grand
chose. Le travail consiste donc essentiellement à :
- arrêter une éventuelle hémorragie
- soulager la douleur grâce à des antalgiques
- donner à boire
- et, seulement si l'on estime avoir une bonne compréhension de
l'affection dont souffre la personne et si l'on sait précisément le soin
qu'elle requiert, apporter ce soin... mais là, ça sort de ma compétence.
Estimer l'état de santé pour décider de la conduite à tenir
Il faut être très vigilant dans l'estimation de l'état de santé de la
personne. On peut assez facilement être abusés dans un sens ou dans l'autre :
- l'absence de signes physiques visibles peut cacher un traumatisme qui va
mettre quelques minutes ou quelques heures à se révéler.
- Inversement, il n'est pas rare que quelqu'un qui a subi un événement un
peu violent physiquement et émotionnellement soit sujet à une réaction
physique parfois impressionnante (vomissements, tremblements, légère perte
de connaissance...) qui peut n'être qu'une manifestation passagère sans
gravité, qui disparaîtra d'elle-même après quelques heures, voire quelques
minutes.
Seuls les cas les moins graves, avec quasi absence de choc physique et
émotionnel, pourront éventuellement permettre de continuer le raid après une
bonne période de repos. Dans tous les autres cas, il faudra envisager le
rapatriement de la personne.
Redescendre la personne
Il y a trois manières d'envisager la chose :
La personne redescend de manière autonome
Si la personne n'est pas sérieusement atteinte (c'est à dire, d'après mes
critères personnels, qu'elle peut se déplacer seule de manière autonome). Dans
ce cas, s'il existe un itinéraire très facile, il est possible d'envisager une
redescente par ses propres moyens.
La personne est redescendue par ses coéquipiers
Si la personne ne peut pas se déplacer seule de manière autonome, il sera
éventuellement envisageable de la faire descendre par ses coéquipiers, mais cela
nécessite un certain nombre de conditions :
- son état ne nécessite pas de prise en charge médicale urgente,
- les coéquipiers sont au moins 2
- ils ont suffisamment la pêche et la compétence pour ça
- il existe un itinéraire de descente suffisamment facile (apparenté à de
la randonnée).
Cette solution me semble toutefois à éviter si on le peut, pour plein de
raisons :
-
Transporter une charge de 70 kilos est physiquement et
techniquement très difficile. C'est une excellente occasion pour ceux qui
font le travail de se blesser à leur tour ou de s'épuiser complètement.
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Une descente dans de telles conditions est forcément lente. Que
peut-il se passer dans l'intervalle ? Une dégradation des conditions météo ?
De l'état de santé de la personne ?
-
A priori en raid on est déjà chargé. Cela signifie donc
abandonner sa propre charge et celle du blessé. C'est un détail, mais qui
peut avoir son importance car en cas de problème on sera très démuni (plus
de duvet, de tente...)
Comment descendre un blessé par ses propres
moyens
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Techniquement, si on n'est pas équipés d'un brancard (ce
qui est généralement le cas lors d'un raid en haute montagne) il existe
deux techniques principales pour descendre un blessé :
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deux personnes se placent de part et d'autre du blessé
et passent une épaule sous chacune de celle du blessé. Celui-ci
reste donc en position verticale. Cette technique nécessite que le
blessé soit conscient et "rigide", qu'il puisse un peu aider avec
des jambes
-
à l'aide d'une corde on confectionne un "cacolet" : on
love la corde en "8" (diamètre estimatif de chacune des boucles du 8
: 50 à 60 cm). On enfile ce 8 comme un sac à dos, ce qui ménage deux
boucles pour les cuisses du blessé, que l'on peut ainsi asseoir sur
le dos.
Par expérience, je peux témoigner qu'aucune de ces deux
techniques n'est facile ni confortable. Le cacolet, en particulier,
équivaut à porter un très mauvais sac à dos lourd de 70 kilos. La seule
fois où il m'ait été donné d'y avoir recours, j'ai du procéder par sauts
de 30 à 40 m de dénivelé entrecoupés de pauses de plus en plus longues
et fréquentes. Bref, pour faire 1000 m (sur herbe et avec un grand
soleil) il a fallu une demi journée. |
La personne est redescendue par les secours
Décider de l'appel des secours est souvent une décision difficile. On a bien
du mal à admettre que cette fois on ne pourra pas s'en sortir tout seuls... Et
pourtant, à partir du moment ou une personne est sérieusement atteinte, c'est
souvent la seule solution raisonnable.
Reste à savoir comment y faire appel. Le portable est bien sûr la
solution la plus simple, si vous n'en avez pas ou qu'il ne passe pas il faudra
faire une descente rapide pour aller soi-même chercher les secours...
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